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Sommet UA : L’eau, la crise aux Grands lacs et la Guinée au menu

Les dirigeants africains se retrouvent cette semaine dans la capitale éthiopienne pour le 39e sommet ordinaire de l’Union africaine. Du 11 au 15 février, les travaux débuteront par les réunions des experts et des ministres avant le grand rendez-vous des chefs d’État les 14 et 15 février. Cette session, la première présidée par le Burundais Évariste Ndayishimiye, aura pour thème central une ressource précieuse et menacée : l’eau. Le sommet sera aussi marqué par des retours diplomatiques significatifs et la gestion de crises régionales persistantes.

L’eau, une « ressource vitale » érigée en priorité continentale

L’organisation a choisi de mettre l’accent sur un enjeu crucial pour l’avenir du continent. Le thème officiel du sommet est : « L’eau comme ressource vitale, outil de développement et de durabilité ». L’objectif est de construire une vision et une politique africaine commune de l’eau. Les discussions viseront à renforcer la sécurité hydrique des pays membres, face aux pressions de la croissance démographique, du développement économique et surtout des effets de plus en plus visibles du changement climatique. Cette priorité s’inscrit dans une continuité. Elle fait suite aux orientations tracées lors du sommet précédent, en 2025, et se veut une préparation aux futures conférences internationales sur le climat, comme la COP30. Pour l’UA, il s’agit de parler d’une seule voix sur la scène mondiale pour défendre les intérêts du continent, que ce soit sur les questions environnementales ou de gouvernance, notamment dans le cadre du G20 où l’Union africaine est désormais membre à part entière.

Le grand retour de la Guinée sur la scène continentale

Ce sommet revêt une importance particulière pour la Guinée. Le pays va effectuer son retour complet au sein de l’organisation continentale après une suspension de plusieurs années. Cette suspension faisait suite au coup d’État du 5 septembre 2021. Le Conseil paix et sécurité de l’UA a levé cette mesure le 22 janvier dernier, se félicitant de la tenue de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Conséquence directe, le président guinéen nouvellement élu, Mamadi Doumbouya, a été officiellement invité au sommet d’Addis-Abeba. S’il fait le déplacement, ce sera son premier voyage officiel à l’étranger depuis son élection, marquant ainsi sa réintégration dans le cercle des dirigeants africains. Ce retour diplomatique se poursuivra puisque la Guinée a aussi été réinvitée au prochain sommet de la Francophonie prévu au Cambodge en novembre 2026.

Un président de l’UA au cœur d’une zone de crise

La présidence tournante de l’Union africaine est assurée depuis un an par le président burundais, Évariste Ndayishimiye. Sa tenure place l’organisation dans une situation paradoxale. En effet, le Burundi est lui-même un pays directement concerné par les tensions récurrentes dans la région des Grands Lacs, notamment entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Cette crise régionale, qui implique des accusations de soutien à des groupes rebelles et des affrontements, sera inévitablement un des dossiers sensibles du sommet. La situation pose la question de la capacité de médiation de l’UA lorsque son président en exercice est issu d’un pays partie prenante d’un conflit. Le prédécesseur de Ndayishimiye, l’Angolais João Lourenço, jouait déjà un rôle de médiateur actif dans ce dossier, sans avoir totalement réussi à apaiser les tensions.

Les autres dossiers sur la table des dirigeants

L’agenda des chefs d’État sera chargé. Les questions de paix et de sécurité restent permanentes, avec des foyers de tension au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et ailleurs. Les dirigeants devront aussi faire le point sur la mise en œuvre de l’Agenda 2063, le plan de développement à long terme du continent. La présence annoncée de certains invités internationaux, comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, sera également observée. Elle s’inscrira dans le cadre du partenariat entre l’UA et l’Union européenne, renforcé lors d’un sommet à Luanda fin 2025. Ces rencontres sont l’occasion d’aborder des dossiers économiques cruciaux, comme le financement du développement, les investissements et la gestion des migrations. Le sommet d’Addis-Abeba se présente donc comme un moment de convergence de plusieurs enjeux majeurs : stratégique, avec la question de l’eau ; symbolique, avec le retour de la Guinée ; et politique, avec le défi de la médiation dans les conflits. La capacité des dirigeants à avancer sur ces dossiers sera un test pour le leadership continental et pour l’efficacité de l’institution elle-même.

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